• Lieu des réunions

    Pôle psychiatrique centre
    La Conception
    145 boulevard Baille
    13005 Marseille

  • Adresse e-mail :

    bipolaireprovence@gmail.com

  • Pages

  • Archives

Bipolarité et troubles alimentaires

Posté par association bipolaire provence le 14 mai 2014

Par
Le Docteur Anne Chablis
Mèdecin – Psychothérapeute
réunion du jeudi 10 avril 2014

Après un tour de table où chacun se présente, l’intervenant débute sa conférence.

Nous abordons le sujet de la thérapie ACT (Thérapie de l’Acceptation et d’Engagement) qui fait partie de la 3ème vague des TCC. La 1ère étant la thérapie comportementale et la 2ème, la thérapie cognitive.

Le principe de l’ACT est d’apprendre à poser des actes en accord avec ce qui nous semble essentiel (ce qui nous tient à cœur), des actions engagées qui vont faire que le comportement va changer.

Concernant les troubles alimentaires, il est important de noter que le problème est rarement d’ordre alimentaire. La prise alimentaire est une solution dysfonctionnelle à notre souffrance (une fausse solution pour tenter vainement de résoudre certains problèmes qui va entraîner d’autres difficultés). Comment fonctionner différemment ?

En pratiquant la pleine conscience, nous allons vivre pleinement l’instant présent, le ici et maintenant pour éviter que nos pensées, croyances et émotions orientent de façon excessive notre existence.

Le Dr Anne Chablis nous invite à faire un exercice de pleine conscience :

Prendre un point fixe en face de soi, mettre les pieds à plat, décoller le dos du dossier, décroiser les bras, les mettre sur les genoux en maintenant le dos droit. Se mettre en position d’observateur et en même temps être là, comme si une part de soi- même s’observait assis-là, ici et maintenant. Prendre conscience de la chaleur de ses mains sur ses cuisses, puis de l’appui de ses pieds sur le sol. Comme si nous étions une caméra à l’extérieur qui nous observait. Entendre les sons extérieurs, tourner la caméra à l’intérieur de soi, poser son attention sur le rythme de la respiration comme si c’était une vague avec l’inspiration et l’expiration. Se laisser porter par la respiration, juste observer comme un scientifique curieux qui observe le mouvement de va-et-vient de la respiration. Il n’y a rien à réussir, rien à obtenir, juste à être là. Canaliser son énergie dans le ici et maintenant et ressentir. Peut-être que des pensées arrivent, faire alors comme si c’était des pensées écrites sur des feuilles qui sont sur un cours d’eau et les laisser filer. Puis, revenir à la respiration, juste se poser, se donner ce temps. Rester ainsi quelques minutes, puis revenir dans la pièce tous ensemble, ici et maintenant.

 A l’heure actuelle, personne ne mange en pleine conscience. Nous sommes dans une société où nous mangeons avec notre tête, avec nos règles et nos principes. Que l’on souffre de troubles bipolaires ou non, nous avons beaucoup de mal à être conscients en mangeant. Or manger dans le ici et maintenant permet de quitter la tête et de revenir au ressenti et au moment présent.

L’intervenante nous fait passer un schéma de Pat Ogden, une thérapeute sensorimotrice, qui montre que les personnes qui ne souffrent pas de troubles bipolaires ont des variations d’humeur et que les personnes atteintes de troubles bipolaires ont des fluctuations d’humeur plus importantes. Le travail consiste à  apprendre à surfer sur nos émotions et à ne plus les contrôler mais à se laisser porter par elles afin d’élargir notre fenêtre de tolérance.

Le Dr Anne Chablis propose un nouvel exercice : Que faire avec la souffrance ?

Notre souffrance restreint notre champ de vision. Plus on lutte pour l’enlever, plus elle sera présente. Plus on s’échine à vouloir l’écarter, plus on y met d’énergie, moins on dispose d’énergie pour se consacrer à d’autres choses et à d’autres activités. La souffrance fait partie de notre vie et il convient d’apprendre à l’observer, à ne pas lutter contre elle et à l’accepter. En ce qui concerne les troubles alimentaires, plus on lutte, plus les troubles alimentaires s’accentuent.

On peut dire aussi que la vie est une pièce de théâtre et que les pensées sont des comédiens. Parfois c’est une dramaturgie et d’autres fois, un film comique. Imaginons que nous sommes des marionnettes. Et nous allons apprendre à devenir spectateur. Ainsi, les pensées que l’on juge trop envahissantes ou néfastes comme notre malaise par exemple vis-à-vis de notre poids ou de la maladie, on peut se dire qu’on les met en dehors de la scène ou se dire qu’ils font partie de soi, au lieu de se dire qu’ils ne doivent pas être là. On peut leur donner un rôle de figurant au lieu de leur attribuer un rôle principal. On choisit ce qui est vraiment important pour soi et ce qui nous tient vraiment à cœur. Après avoir été spectateur, il peut être aussi intéressant de devenir metteur en scène afin de choisir le scénario que l’on a envie de vivre. Toute l’énergie que l’on met à se battre contre la souffrance est autant d’énergie que l’on ne met pas dans sa vie, que l’on ne met pas pour faire ce qui est vraiment important à nos yeux. Il est donc essentiel d’apprendre à l’accepter en se positionnant comme observateur.

Quand la souffrance est trop forte, on fuit en mangeant. C’est une manière d’écarter cette souffrance. On appelle cela l’évitement expérientiel. Toute tentative pour éviter de souffrir ne fonctionne pas. La souffrance est inhérente à notre condition humaine. Il est recommandé d’apprendre à arrêter de se maltraiter, à être doux et compatissant avec soi, en particulier pour les troubles du comportement alimentaire. Notre système de pensée est souvent tyrannique. Et en utilisant la pleine conscience, on laisse passer les pensées négatives au bord de la rivière.

La souffrance apparaît lorsqu’il y a un décalage entre ce que l’on vit et ce que l’on aspire à vivre. Il y a 3 manières de réagir à cette souffrance :

     – lutter ;

     – fuir ;

      – et être sidéré, on se trouve alors dans un processus de survie.

Et il convient  davantage d’apprendre à être dans la vie. Il n’y a pas à avoir peur de regarder la souffrance et d’apprendre à la connaître.

Le Dr Anne Chablis nous donne un schéma qui est une matrice, une sorte de GPS pour savoir où la personne se situe.

 

bipolarité et troubles alimentaires

 

 

Ensuite elle prend l’exemple d’une personne en grande souffrance qui a pris beaucoup de poids depuis quelques années. Elle se sent découragée, pense qu’elle ne s’en sortira pas, a le sentiment d’être nulle. Elle a tellement honte qu’elle reste chez elle, ne fait rien. Quand elle est sur son canapé, elle n’arrive pas à se lever, elle n’a pas d’énergie, et mange trop. La souffrance s’alimente au fur et à mesure. Dans ce cas-là, il est important d’avoir beaucoup de compassion pour soi. Ces sentiments négatifs l’empêchent de s’occuper de ce qui est important pour elle (ses enfants par exemple). Une des solutions serait de partager des moments avec eux, d’aller se balader, c’est-à-dire de mettre en place des actions très importantes à ses yeux.

Le problème de comportement alimentaire est un problème de relation de soi à soi et de relation à l’autre. Il convient d’apprendre à devenir une personne importante pour soi. En posant des actions, on va alimenter sa confiance et son estime de soi.

Prendre soin de soi sur le plan alimentaire signifie également écouter ce que l’on ressent en soi et apprendre à trouver son rythme. Et plus généralement, c’est aussi avoir de l’affection et de la douceur, se connaître, prendre son temps, s’accorder du temps, apprendre à « se poser », donner du sens aux choses. Les valeurs, ce sont les verbes d’action, c’est une direction que l’on donne à sa vie. Il convient de se nourrir sainement avec des choses bonnes pour soi. Il n’y a pas à avoir peur de rechuter car toute rechute est inévitable, on est toujours dans un processus d’apprentissage, il est donc normal « de retomber ». Il est préférable d’accueillir ce qui vient. D’apprendre à s’accepter soi-même. L’auto-compassion et la bienveillance  sont des processus importants où l’on apprend à avoir de l’empathie vis-à-vis de soi et à s’accompagner dans la douleur. La bienveillance est de se souhaiter du bonheur.

Stéphanie

Laisser un commentaire

 

Copropriété Pascal - Doyen ... |
TEAM REMY JULIETTE |
Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | LIONS CLUB EMBRUN VAL DE DU...
| Mission Tanzanie
| Boyardville , La Perrotine ...